Il était une fois une petite maison dans la ville de Jabalia, au nord de Gaza, remplie d'amour et de vie, construite grâce à la sueur d'un jeune homme en quête de stabilité pour sa famille. C’était un royaume précieux, vous enveloppant de sa chaleur dès que vous y pénétriez. Chaque coin contenait un souvenir et chaque carreau racontait une histoire. Yaqeen Baker, une mère palestinienne vivant à Gaza, à propos de la perte de la maison familiale
J'étais le dirigeant de ce royaume. Pour moi, il n’y avait pas de maison comme la nôtre et sa valeur pour notre famille était inestimable. C'était mon palais et mon refuge.
Mon royaume a maintenant été réduit en ruines sous les frappes aériennes israéliennes à Gaza. Je pleure en essayant de me souvenir de ce que j'ai laissé derrière moi lorsque nous avons été forcés de partir. Mon appareil photo capturant des moments heureux en famille, détruit. Les vêtements achetés en prévision de la naissance de ma fille et les nouveaux manteaux d’hiver ont tous brûlé. La nouvelle poupée de ma fille de 3 ans, perdue à jamais.
La destruction généralisée ou systématique des habitations est depuis longtemps une caractéristique de la guerre moderne. Mais ce que l’on perd souvent dans les images de décombres et les statistiques des bâtiments détruits, c’est l’effet profond de cette perte au niveau humain.
Car une maison est bien plus qu'une structure : c'est un dépositaire d'expériences passées et de rêves futurs, de souvenirs de naissances, de décès, de mariages et de moments intimes avec nos proches, au milieu de voisins et d'un paysage familier. L’idée de chez soi apporte du réconfort et donne un sens à nos vies. Sa destruction constitue un déni de la dignité et de l’humanité d’une personne.
C’est pour cette raison que le nivellement systématique et aveugle de quartiers entiers au moyen d’armes explosi...
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